dimanche 25 mai 2008

Pour information :

Lettre N° 3 de l'Epco Mai 2008

Conférence débat
Le samedi 31 Mai 2008, à 14 heures 30
Salle du Conseil Régional, 27 Bd de la Corderie, à Limoges,

Plan


Différents?
(Genre et identité)


Avec
Stéphane Thibierge

Psychanalyste, membre de l'A.L.I, Maître de conférences et directeur de recherches
en psychopathologie à l'Université de Poitiers

Présidence : Jean-Jacques Lepitre, psychanalyste, membre de l'E.P.C.O. et de l'A.L.I.
Discutante: Josseline Touchard, Psychiatre, membre de l'E.P.C.O. et de l'A.L.I.

Sommes-nous différents : hommes, femmes, homos, hétéros, trans, inters, etc ?... Et en quoi le sommes-nous ? Est-ce seulement par ce qui, chez chacun, serait soumis au "genre", masculin ou féminin, qu'il pense habiter vraiment son corps sexué ? C'est la thèse développée à partir du féminisme, de la théorie queer, et aujourd'hui de la théorie du genre, celle des gender studies et des "new gender politics". Notre identité sexuée y serait le résultat de notre prise dans les discours sociaux du genre, en tant que nous nous en appropririons les critères et les valeurs afin d'en obtenir la reconnaissance de l'autre par où se confirmerait notre identité.
La contingence historique ou locale de ces discours pourrait montrer qu'ils sont dépendants de leurs conditions de production : pour nous, patro- et phallo-centrées, et donc en rien inéluctables ou absolus. D'où la remise en cause de la différence sexuelle, en tant que simple produit de ces discours.

On sait les avancées sociales que ces théories entendent promouvoir : notamment droits des femmes, des diverses communautés homos ou hétéros, changements des conditions de la vie intime des partenaires sexuels... D'autres voies pouvant encore s'ouvrir, suivant les mêmes modèles critiques appliqués aux minorités raciales ou ethniques.

Mais jusqu'où peut-on aller ? Par exemple jusqu'à la suppression du genre dans la langue même, comme il a pu parfois être proposé?
Dans une société où tous seraient également semblables, comment se fonderait une identité ?
On sait que la psychanalyse fait de la différence un élément-clé de la subjectivité, et de la mise en place des conditions de l'identité. Différence des sexes, bien sûr, mais aussi différence des signifiants entre eux, permettant leur usage dans la parole. Nous pouvons aussi évoquer la différence du sujet d'avec lui-même, telle qu'elle s'illustre dès la reconnaissance par l'enfant de son image, au moment du stade du miroir.

Alors, devons-nous poser une opposition frontale entre ces approches ou conceptions? Certain(e)s auteur(e)s dénoncent le phallo-centrisme de la psychanalyse, et l'accent mis sur l'inéluctable de la différence des sexes. Est-ce si simple ? Et la critique ici ne tient-elle pas plutôt à l'indistinction ou la méconnaissance des catégories et des dimensions que prend en compte et différencie justement la psychanalyse dans la constitution de l'identité : le symbolique, l'imaginaire, et le réel, par exemple, mais aussi le statut de l'objet du désir, ou encore la place de l'autre ?

La conférence de Stéphane Thibierge, à partir de son dernier livre " Clinique de l'identité " (PUF, 2007) viendra proposer sur ces points, et sur d'autres, quelques traits pertinents quant à la conception psychanalytique de l'identité.

L'Ecole Psychanalytique du Centre-Ouest


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